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Dr Mamadou Coulibaly

Dr Mamadou Coulibaly est directeur adjoint du Centre de recherche et de formation sur la paludisme (MRTC), département Entomology, de l’Université de Bamako au Mali. Il est également Principal Investigateur de Target Malaria au Mali.

Intéressé très tôt par la science qui a éveillé sa curiosité intellectuelle, le Dr Mamadou Coulibaly a obtenu en 1999 son doctorat de pharmacie dans son pays natal, au Mali. Durant sa thèse, il s’est focalisé sur la résistance aux insecticides en rapport avec la lutte anti-vectorielle et le paludisme. Il était l’un des deux bénéficiaires maliens d’une bourse d’études de la Clinton Health Initiative, grâce à laquelle il a poursuivi sa formation scientifique à l’Université de Notre Dame, Illinois, États-Unis. Il a obtenu son doctorat (PhD) de sciences biologiques en 2006, avec une thèse traitant de la caractérisation du point de rupture d’inversion dans le choix des niches écologiques.

À la fin de ses études à l’Université de Notre Dame, Dr. Coulibaly est retourné au Mali passionné de biologie moléculaire, de génétique et d’éthologie, et déterminé à contribuer au traitement des maladies infectieuses dans son pays.

« Le Mali et d’autres pays d’Afrique subsaharienne connaissent une forte prévalence du paludisme. Ceux d’entre nous qui travaillent et vivent sur place sont les mieux placés pour comprendre les défis à surmonter dans la lutte contre cette maladie. »

Le centre de recherche et de formation sur le paludisme – Malaria Research and Training Center (MRTC) de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odonto-stomatologie (FMPOS), à l’Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako (USTTB), est l’un des principaux centres de recherche en Afrique pour les études d’épidémiologie et de lutte contre le paludisme, l’écologie des vecteurs et la génétique.

Outre la participation au projet Target Malaria, Dr Coulibaly s’intéresse à d’autres domaines de recherche, notamment le développement de nouvelles approches pour mesurer l’efficacité des vaccins bloquant la transmission sur le terrain, et la conduite de travaux de recherche opérationnelle orientés vers la lutte anti-vectorielle pour des maladies telles que le paludisme et la dengue.

Dr Coulibaly est d’avis que les chercheurs natifs, ou qui vivent et travaillent dans les communautés affectées par la maladie, sont les mieux placés pour comprendre les problématiques auxquelles doit faire face un projet tel que Target Malaria. Il s’interroge constamment sur l’impact de son travail de scientifique sur la vie des populations locales.

Selon lui, l’approche adoptée par Target Malaria en termes d’engagement des parties prenantes et de co-développement est primordiale pour procéder à la recherche de manière collaborative et veiller à mettre à contribution le savoir des populations locales afin de prendre des décisions éclairées.

Les peuples d’Afrique font chaque jour l’expérience du paludisme et du combat permanent mené contre la maladie. Tout le monde est confronté quotidiennement à la maladie et aux défis qui l’accompagnent, à savoir la nécessité de dormir la nuit sous une moustiquaire pour empêcher les piqûres de moustiques et de trouver un traitement pour ceux qui tombent malades. Les chercheurs et décideurs politiques s’inquiètent de l’évolution du comportement des moustiques, qui ne piquent plus seulement la nuit, ainsi que de leur résistance croissante aux insecticides.

« L’an dernier, 384 000 personnes sont mortes du paludisme à travers le monde, dont plus de 90 % en Afrique. Les scientifiques doivent donc redoubler leurs efforts pour développer de nouvelles mesures complémentaires afin d’éliminer cette maladie. »

Dr Coulibaly est déterminé dans sa volonté de mettre fin au paludisme au Mali et sur le continent africain. Les travaux de recherche de Target Malaria sont axés sur l’utilisation de la technologie d’impulsion génétique pour réduire la population de moustiques vecteurs du paludisme. Si l’intervention fonctionne, elle aidera à contrecarrer des facteurs humains tels que la difficulté d’utiliser des moustiquaires et la nécessité de rester chez soi une fois la nuit tombée. Elle permettrait aussi de lutter contre la résistance croissante aux insecticides et répulsifs. Les moustiques génétiquement modifiés pourraient également contourner des facteurs socio-économiques tels que les revenus, la classe sociale, le lieu d’habitation ou le niveau d’éducation, qui peuvent rendre les personnes plus vulnérables face au paludisme.

Target Malaria Mali travaille en étroite collaboration avec les communautés participant au projet, en étant à l’écoute des questions concernant la technologie et en s’efforçant de répondre à leurs préoccupations. L’équipe a conscience qu’il s’agit d’une nouvelle technologie et qu’il faudra du temps pour que les parties prenantes se familiarisent avec son fonctionnement et les bénéfices qu’elle apportera. En tant que Malien vivant dans l’un des pays où la technologie pourrait un jour être utilisée, Dr Coulibaly participe avec enthousiasme au projet ambitieux de Target Malaria d’apporter une solution à l’un des problèmes de santé publique les plus persistants dans le monde. Il espère qu’en conjonction avec les outils actuels, le projet avec son approche innovante contribuera à l’élimination du paludisme.

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