Loading...

Dr Abdoulaye Diabaté

Dr Abdoulaye Diabaté est Directeur du département d’entomologie médicale et de parasitologie à l’Institut de Recherche en Science de la Santé (IRSS) /Centre Muraz à Bobo-Dioulasso, et Principal Investigateur de Target Malaria au Burkina Faso.

Il détient plus de 20 ans d’expérience dans la lutte anti-vectorielle et a fait de la lutte contre le paludisme sa mission personnelle. Sa vocation remonte à son enfance, il a grandi dans la province de Kénédougou, au sud-ouest du Burkina près de la frontière avec le Mali. Avec ses frères et soeurs, il a souffert du paludisme à répétition et a failli mourir plusieurs fois de la maladie. C’est alors qu’il a décidé que s’il survivait, il trouverait une solution à cette maladie guérissable qui tue chaque année un demi-million de personnes à travers le monde.

Dr Diabaté note que tous ceux qui sont nés et ont grandi au Burkina Faso ont eu une expérience du paludisme sous une forme ou une autre. La maladie fait peser un énorme fardeau sur les familles, d’un point de vue psychologique et financier. C’est ce qui a convaincu Dr Diabaté de consacrer sa vie à la lutte contre le paludisme.

« Le paludisme est l’une des maladies parasitaires les plus mortelles. Il est responsable de la mort de millions de personnes, mais j’ai la chance d’avoir survécu. »

Après son doctorat (PhD), Dr Diabaté a travaillé quatre ans dans le cadre d’une bourse post-doctorale au National Institute of Health (États-Unis). Ses travaux étaient axés sur la « spécialisation écologique » d’Anopheles gambiae , en tant que moteur d’évolution majeur générateur de biodiversité, pouvant conduire à la spéciation : la formation de nouvelles espèces distinctives dans le cadre du processus d’évolution.

Dr. Diabaté est retourné au Burkina Faso en 2009, où il travaille désormais à l’Institut de Recherche en Sciences de la Santé et dirige le laboratoire d’entomologie médicale. Ses nombreux travaux sur la résistance aux insecticides l’ont conduit à rechercher de nouveaux outils pour la lutte anti-vectorielle.

« Les outils conventionnels dont nous disposons aujourd’hui ont atteint la limite de leur efficacité. »

Il a rejoint le projet Target Malaria en 2012, et établi Target Malaria Burkina Faso. Depuis lors, il est devenu chef de file de la recherche sur le paludisme et des approches génétiques pour la réduction des cas de paludisme en Afrique. Sous sa direction et grâce à la démarche pionnière du Burkina Faso dans le domaine des technologies génétiques, le projet est désormais le plus avancé mondialement en ce qui concerne l’application de la technologie d’impulsion génétique afin de réduire les cas de paludisme.

 

« Toute ma famille a été affectée par la maladie, moi-même et mes enfants compris. »

Dr Diabaté collabore avec les grandes organisations internationales (Harvard University, Johns Hopkins, George Washington University, Université de Keele, Imperial College, IRD, etc.). Il a remporté en 2008 le prix de la meilleure présentation orale à la 9ème réunion internationale, sur le thème de « L’épidémiologie moléculaire et la génétique de l’évolution des maladies infectieuses » en Californie (États-Unis). Il est actuellement évaluateur pour plusieurs journaux scientifiques (BMC Ecology, PlosOne, Malaria Journal etc.), membre de plusieurs organisations professionnelles dont le Comité de coordination scientifique (CSC) d’AMANET, le Réseau africain sur la résistance vectorielle aux insecticides (ANVR), et membre du Comité d’organisation de l’Atelier sur la population et la biologie moléculaire des vecteurs de maladies.

Il a été nommé Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques au Burkina et nommé lauréat du Prix de la Royal Academy of England en 2013 pour ses recherches. Il est également lauréat du Prix de deux programmes de recherche mettant à l’honneur son excellence et ses qualités innovantes par le ‘Médical Research Council’ au Royaume-Uni et le ‘Grand Challenge’ au Canada.

En 2020, Dr Diabaté et son équipe constitué de huit chercheurs du Burkina Faso et des Etat-Unies ont reçu le  2019 Newcomb Cleveland Prize  lors de l’American Association for the Advancement of Science (AAAS)  186ème réunion annuelle à Washington D.C. pour la publication intitulée en anglais “Transgenic Metarhizium rapidly kills mosquitoes in a malaria-endemic region of Burkina Faso” et publiée dans la revue  Science  le 31 May 2019 dernier.

L’ambition du Dr Diabaté est de s’assurer que le continent Africain développe le potentiel de sa communauté scientifiques talentueuse. Il partage également son inquiétude vis-à-vis de “l’exode des cerveaux” des chercheurs Africains alors que la science, les technologies ont besoin d’eux pour innover sur le Continent. Son engagement est totale pour rassembler les investissements dans la science en Afrique.

Il aime citer cette déclaration de Thomas Sankara, ancien President du Burkina Faso: “Certain sont embarqués dans la conquête spaciale, mais l’Afrique n’en a pas encore fini avec les guerres des caves. C’est le moment pour nous de nous réveiller”.

Pour plus d’informations: