Voix du laboratoire : Carla Siniscalchi


« Voices from the Lab » est notre nouvelle série de vidéos qui met en avant nos chercheurs et les travaux qu’ils mènent pour nous aider à lutter contre le paludisme.
Que faites-vous chez Target Malaria ?
En tant que responsable senior du centre de formation à la recherche translationnelle chez Target Malaria, mon rôle consiste à m’assurer que nos chercheurs disposent de tout ce dont ils ont besoin pour mener des travaux scientifiques de haut niveau. Je supervise nos laboratoires et nos insectariums, je coordonne les formations, j’apporte mon soutien aux équipes techniques, je gère les équipements et les installations, et j’aide à résoudre les nombreux défis pratiques liés à la gestion d’un programme de recherche très actif. En fin de compte, je contribue à créer un environnement où la recherche peut se dérouler en toute sécurité, de manière efficace et performante
Qu’est-ce qui vous a motivée et comment êtes-vous entrée dans ce domaine ?
J’ai toujours été passionnée par la biotechnologie et la biologie moléculaire, ce qui m’a amenée à préparer un doctorat et à mener une carrière de chercheuse dans le domaine des technologies génétiques pour le contrôle des moustiques. Au fil du temps, j’ai réalisé que ce qui me plaisait le plus, ce n’était pas seulement la science en soi, mais le fait d’aider les gens à réussir.
Ce qui me motive, c’est de mettre à profit mes connaissances et mon expérience pour aider les autres à s’épanouir. Qu’il s’agisse de former quelqu’un à une nouvelle technique, d’accompagner un membre de l’équipe ou d’aider à résoudre un problème, je trouve extrêmement gratifiant de voir les gens gagner en confiance et progresser dans leur carrière. Dans mon poste actuel, ma mission consiste à permettre aux chercheurs, aux techniciens et aux étudiants de travailler sans heurts, en toute sécurité et efficacement, en leur fournissant la formation, les installations, le matériel et le soutien adaptés. Savoir que je peux contribuer à créer un environnement où les personnes et la science peuvent s’épanouir, voilà ce qui me motive chaque jour.
Qu’avez-vous étudié à l’université ?
J’ai étudié la Biotechnologie en Italie, où j’ai obtenu ma licence et mon master à l’université Federico II de Naples. J’ai ensuite poursuivi mes études par un doctorat à l’université de Pérouse, en collaboration avec l’Imperial College London. Mes recherches portaient sur le développement de nouvelles technologies d’impulsion génétique pour la lutte contre les moustiques, notamment les premiers systèmes d’impulsion génétique tels que les TALEN et les « zinc fingers », dans le but de réduire la transmission de maladies comme le paludisme.
À quoi ressemble concrètement une journée type au laboratoire ?
Il n’y a pas de journée type !
Un jour, je peux former de nouveaux chercheurs, dépanner du matériel de laboratoire, rencontrer des chercheurs pour planifier des études ou diriger une équipe de techniciens. Un autre jour, je peux être amenée à développer de nouvelles installations de laboratoire, effectuer un examen des procédures de biosécurité, coordonner des envois internationaux de souches de moustiques dans nos laboratoires partenaires à l’étranger ou dispenser des formations à des équipes partenaires en Afrique.
Je consacre également du temps à soutenir directement des projets de recherche, en aidant à résoudre des défis techniques et en veillant à ce que l’infrastructure et les processus du laboratoire permettent aux chercheurs de se concentrer sur leurs expériences. Chaque jour est différent, et c’est l’un des aspects que j’apprécie le plus dans ce métier.
Qu’est-ce qui surprend le plus les gens dans votre travail ?
Les gens sont souvent surpris par l’importance du travail pratique dans la recherche sur les moustiques. Lorsqu’ils entendent parler de génétique, d’impulsion génétique ou de biotechnologie, ils imaginent généralement des chercheurs passant la majeure partie de leur temps devant des ordinateurs ou à utiliser des instruments de laboratoire sophistiqués. Or, l’entretien des colonies de moustiques nécessite une expertise technique considérable et des soins quotidiens. Je tiens toujours à préciser que les moustiques avec lesquels nous travaillons à l’Imperial College London ne sont pas infectés par des parasites du paludisme. Ils sont élevés dans un milieu confiné et respectent des procédures strictes de biosécurité à des fins de recherche.
Bien qu’il s’agisse d’insectes minuscules, les moustiques nécessitent une attention constante. Chaque jour, nous effectuons le suivi de la température et de l’humidité, préparons la nourriture pour les larves, entretenons les colonies reproductrices, collectons les œufs, effectuons le tri des moustiques et réalisons des procédures délicates telles que la microinjection d’embryons de moustiques. S’occuper de milliers de moustiques demande une quantité surprenante de compétences, de patience et d’organisation. Les gens sont aussi souvent surpris par la diversité de mon rôle. Bien que j’aie une formation scientifique, une grande partie de mon travail consiste à veiller à ce que les chercheurs, les techniciens et les étudiants puissent travailler sans heurts, en toute sécurité et efficacement. Je supervise les installations, la formation, les équipements, la biosécurité et les processus opérationnels afin que la recherche puisse se dérouler efficacement et selon les normes les plus strictes. Mon rôle consiste en réalité à permettre aux autres de mener des travaux scientifiques de haut niveau en leur fournissant l’environnement, les ressources et le soutien dont ils ont besoin pour réussir.
Ce que je trouve fascinant, c’est que derrière chaque avancée scientifique se cache un travail d’équipe, une planification, des infrastructures et un soin considérables que la plupart des gens ne voient jamais. C’est souvent la plus grande surprise de toutes.