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Science, politique et communautés en dialogue pour le lancement de Protect the Cure

Par Divine Dzokoto

Responsable de l’engagement panafricain, Imperial College London
Target Malaria Ghana

En janvier, Impact Santé Afrique et ses partenaires ont organisé un webinaire régional de haut niveau réunissant des scientifiques, des décideurs politiques, des leaders de la société civile, des journalistes et des programmes de lutte contre le paludisme afin d’affronter l’une des menaces les plus pressantes pour le contrôle du paludisme : la résistance aux médicaments antipaludiques.

Le dialogue a mis en évidence un message clair : pour protéger l’efficacité des traitements contre le paludisme, il faudra une action coordonnée entre la recherche, la politique, l’engagement communautaire et la communication.

La session s’est ouverte par une allocution d’Eugénio Elcina, de la Coalition des parlementaires pour mettre fin au paludisme en Afrique (COPEMA), suivie d’un discours liminaire du Dr Charles Adekunle, du Partenariat RBM pour mettre fin au paludisme. Le Dr Arnaud Le Menach, auteur principal du Rapport mondial sur le paludisme 2025 de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a présenté un aperçu des tendances mondiales en matière de paludisme et du défi croissant que représente la résistance aux médicaments antipaludiques en Afrique. Le Dr André-Marie Tchouatieu, responsable des affaires médicales mondiales chez Medicines for Malaria Venture (MMV), et le Dr Maciej Boni ont souligné l’urgence de préserver les traitements existants tout en développant des outils innovants pour soutenir les progrès dans la lutte contre le paludisme. Krystal Mwesiga Birungi, associée à la recherche et à la sensibilisation chez Target Malaria Uganda, a insisté sur le rôle des scientifiques africains et de l’engagement communautaire pour garantir la pertinence, la fiabilité et l’efficacité des outils de lutte contre le paludisme.

 Parmi les participants au webinaire figuraient des représentants de programmes nationaux de lutte contre le paludisme, des parlementaires, des instituts de recherche, la société civile et les partenaires techniques, reflétant l’esprit de collaboration nécessaire pour faire face aux nouvelles tendances en matière de résistance. Avec plus de 95 % des décès dus au paludisme survenant en Afrique, le webinaire a renforcé l’importance du leadership africain dans la recherche, les politiques et l’engagement communautaire pour résoudre le problème de la résistance aux médicaments.

Comprendre la menace croissante de la résistance aux médicaments antipaludiquesrug resistance

Protect the Cure webinar
Capture d’écran du documentaire « Protect the Cure », disponible sur Youtube

Au cours des vingt dernières années, les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (ACT) ont joué un rôle central dans la lutte contre le paludisme et ont sauvé des millions de vies. Ces progrès sont aujourd’hui menacés par l’émergence d’une résistance partielle à l’artémisinine, le composant principal des ACT. Si ce problème n’est pas traité de toute urgence, la résistance croissante pourrait réduire à néant des années d’avancées durement acquises dans la prévention et le traitement du paludisme.

Pour faire face à cette menace croissante, le laboratoire Boni de l’université Temple a lancé Protect the Cure, une initiative mondiale de sensibilisation qui vous plonge au cœur de la lutte contre la résistance partielle à l’artémisinine, l’ingrédient clé des traitements les plus efficaces contre le paludisme en Afrique. En collaboration avec Normal Life Pictures Ltd, l’initiative a dévoilé une série documentaire en quatre parties. La série met en scène des scientifiques, des professionnels de la santé publique et des communautés en première ligne, qui expliquent ce que signifie la résistance à l’artémisinine, pourquoi elle est importante et comment une action coordonnée et rapide peut empêcher sa propagation.