Créer des espaces sûrs pour le dialogue sur la recherche et la prévention du paludisme


Allen Namata est assistant chargé de la mobilisation des acteurs locaux pour Target Malaria Ouganda. Basé dans le village de Kansambwe, sur l’île de Nsadzi, dans le comté de Mukono, il travaille sur le projet afin d’aider à traduire les informations scientifiques en connaissances compréhensibles par la communauté, aidant ainsi les familles à apprendre, à partager et à prendre en main leur lutte contre le paludisme.
Comment commencez-vous votre journée ?
La première chose que je fais quand je quitte la maison, c’est d’ouvrir le bureau de Target Malaria sur l’île. Je m’assure que tout est en ordre pour la journée. Si certaines parties prenantes ont besoin d’informations, je m’occupe d’elles avant de me rendre à la radio communautaire où j’informe la communauté sur le paludisme, notamment sur ses causes, les moyens de le prévenir et les efforts de recherche en cours menés par Target Malaria dans notre région.
Quel genre de questions les parties prenantes vous posent-elles généralement ?
- Quand la recherche sur le paludisme prendra-t-elle fin ?
- Y a-t-il des changements dans la réduction du paludisme ?
- Quand l’équipe d’entomologie de terrain reviendra-t-elle ?
- Quand recevrons-nous nos t-shirts du projet ?
Ces questions me rappellent à quel point la communauté est investie dans la lutte contre le paludisme et à quel point elle apprécie d’être tenue informée.
Quelles stratégies utilisez-vous pour que les communautés se sentent écoutées et respectées ?
Pour m’assurer que les membres de la communauté se sentent écoutés et respectés, je prends leurs préoccupations au sérieux. Je transmets leurs préoccupations à l’équipe en temps utile, et nous utilisons notre bureau comme un espace sûr où tout le monde peut venir partager ses difficultés ou ses commentaires sur les activités du projet. Nous avons mis en place une boîte à suggestions pour ceux qui préfèrent partager leurs réflexions en privé, et le comité des griefs se réunit régulièrement pour discuter et traiter les questions soulevées.
L’un des aspects les plus gratifiants de mon travail est d’aider les gens à comprendre les informations scientifiques d’une manière qui leur parle. Nous utilisons souvent les langues locales pour expliquer les termes techniques, et nous nous appuyons sur des interprétations de photos et des supports visuels pour faciliter la compréhension des aspects scientifiques de la lutte contre le paludisme. C’est incroyable de voir les visages des gens s’illuminer lorsqu’ils réalisent qu’ils comprennent quelque chose qui leur semblait auparavant compliqué.

Avez-vous vécu des expériences difficiles que vous aimeriez partager et comment les avez-vous surmontées ?
Bien sûr, il y a des défis, mais la patience et la compréhension sont essentielles. J’essaie d’écouter attentivement tout le monde et de m’assurer que leurs commentaires sont transmis aux bonnes personnes.
Parfois, nous impliquons la communauté dans ses tâches quotidiennes, comme la couture et la préparation des moustiquaires et des bateaux, et leur concentration est parfois divisée, mais je prends le temps de répondre à toutes les questions qui me sont posées et je les accueille toujours dans notre bureau pour leur apporter des éclaircissements.
Quels changements avez-vous observés au fil du temps dans la manière dont les communautés s’impliquent dans notre travail ?
Au fil du temps, j’ai constaté des changements remarquables dans la manière dont les communautés s’impliquent dans notre travail. Les gens sont mieux informés sur la prévention du paludisme ; ils comprennent comment les moustiques se reproduisent, où se faire soigner et l’importance des mesures préventives.
Qu’est-ce qui vous motive ?
Ce qui me motive, ce sont les petites victoires et l’épanouissement personnel que m’apporte ce travail. Grâce à ce travail, j’ai pu interagir avec des personnes issues de milieux sociaux très divers et mes compétences en communication interpersonnelle se sont considérablement améliorées. J’ai appris la véritable signification du travail d’équipe, de la patience et du respect.
Qu’est-ce qui vous enthousiasme le plus pour l’avenir ?
J’espère voir le projet atteindre son objectif, à savoir éradiquer le paludisme. Chaque jour passé sur le terrain nous rapproche un peu plus de cet objectif et chaque conversation que j’ai renforce ma conviction quant au pouvoir de l’engagement communautaire.